Lorsque je pense à la famille, l’image qui me vient spontanément en tête c’est la maison. Pas vraiment le lieu physique. Non, pour moi la maison ici évoque plutôt la vie au quotidien. La routine rassurante des repas, le partage, les discussions animées, les vacances en famille, les rassemblements aux fêtes, les corvées pour aider un et l’autre du clan, les rires et aussi les larmes. Que ce soit pour la famille d’où je viens ou celle que j’ai fondée avec mon amoureuse, la maison représente tous ces moments passés ensemble. Des passages de notre route qui nous habitent par la suite. Un bagage commun, unique et intime qui nous accompagne pour la vie.
Pour l’amitié, l’image qui s’impose dans mon esprit c’est le camp de base. Ce n’est pas un lieu où tu t’établis avec d’autres pour partager le quotidien, mais c’est l’endroit où se retrouve l’essentiel.
Mon camp de base, c’est une source de chaleur humaine lorsque les temps sont plus froids, un lieu qui me nourrit quand j’ai un petit ou un grand creux au fond de l’âme, un refuge qui m’apaise lorsque ça va trop vite, une boussole qui me guide lorsque je me sens écarté, un lieu simple mais tellement inspirant, un précieux point d’arrêt pour me ressourcer.
Souvent on dit que ses amis c’est comme une deuxième famille. Je ne partage pas tout à fait cette vision. Pour moi, ce sont deux choses différentes, mais complémentaires.
Différent et comme dirait Charles Tisseyre, fascinant! L’amitié est en effet une relation fascinante parce qu’au départ un ami, c’est un étranger. Quelqu’un qui ne fait pas partie de ta famille et qui n’a pas les mêmes origines que toi, mais qui pourtant compte tout autant que tes frères, tes soeurs, tes parents et tes enfants.
Des gens avec qui tu ne partages pas le même sang, mais qui n’hésitent pas à t’héberger parce que ton coeur traverse une tempête. Des gens qui n’ont pas les mêmes parents que toi, mais que tu peux réveiller en pleine nuit sans qu’ils t’en veuillent. Bien au contraire, ils t’accueillent sans question et t’offrent leur épaule pour poser ta tête. Des gens qui ne te doivent rien, mais qui te donnent tout. Des gens qui t’aiment autant pour qui tu es que pour qui tu ne seras jamais.
À la mi-cinquantaine et après deux ans de pandémie, je me rends compte comment je suis chanceux. À quel point je suis immensément riche parce qu’en plus d’avoir une maison aimante, j’ai un camp de base bienveillant.
Certains des membres de ce camp sont à mes côtés depuis 10, 20 et même plus de 35 ans. Malgré tout ce temps et malgré mes imperfections, mes incertitudes, mes changements de cap, mes questionnements, mes crises existentielles, mon intensité et ma vulnérabilité, ils sont restés à mes côtés.
Je suis tellement reconnaissant qu’à chaque fois que je retourne à ce camp de base, leur lumière chaleureuse se lève à mon aube et veille jusqu’à mon crépuscule.
J’ai hâte de quitter mon confinement pour retourner à cette base, pour me retrouver au creux de leurs bras et de les revoir au coeur de ma vie.
Je vous aime mes amis. Vous me manquez.
Patrick
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