Des vacances à l'ombre


Souvenir d'un séjour familial au Vermont à l'été 2019.



Dans quelques heures, ce sera le début de nos vacances familiales. Un moment qu’on attend toujours avec une très grande excitation. Cette année, c’est un peu différent. Pas parce que nous n’avons pas hâte, au contraire. C’est simplement que le contexte est particulier cette année. Très particulier.


Comme la majorité des gens, nous sommes confinés à la maison tous les quatre depuis trois mois. Bien que cette situation comporte plusieurs désagréments, elle nous a apporté de nombreux avantages. Le télétravail, par exemple, nous a permis de nous libérer du rythme effréné de la course quotidienne. Nous avons également passé beaucoup plus de temps en famille et étrangement, nous avons eu plus d’occasions pour discuter avec nos amis et nos proches via les plateformes numériques. Donc, un peu moins de fatigue reliée au stress qu’occasionne cette cadence presque militaire. 


Par contre, de nouvelles sources de stress, plus insidieuses peut-être, sont venues remplacer celles auxquelles nous sommes habituées : Est-ce que nous ou nos proches allons contracter la COVID ? À quoi ressemblera notre organisation du travail dans les prochains mois et d’ici la découverte d’un vaccin ? Comment nos fistons vont vivre la situation et quels seront les impacts sur leur résultats scolaires ? De quelle façon nos proches et nous allons être affectés par la récession économique ? Quelle sera la nouvelle normalité après cette crise ? Quand pourrons-nous serrer de nouveau nos amis dans nos bras? Et 100 000 autres questions du même genre qui au final nous épuise peut-être encore plus que la routine régulière. Ajoutons à tout ça que j’ai perdu ma mère pendant ce confinement et qu’on ne sait toujours pas à quel moment nous pourrons inviter nos proches à lui rendre l’hommage qu’elle mérite…


Bien évidemment, les différentes mesures sanitaires en place dans toutes les sphères des activités de notre société transformera radicalement l’ambiance de nos vacances. Ainsi que tout le flou qui entoure l’application de ces règles dans cette réalité un peu surréelle. On se déconfine, mais on reste mal à l’aise avec cette liberté conditionnelle retrouvée. De plus, puisque nous vivons tous et toutes ce genre de situation pour la première fois, nos façons de gérer tout cela sont très différentes ou pire encore, sont très divergentes. Ce qui crée un sentiment de méfiance envers les autres. Sans compter que nous ne pouvons pas nous empêcher de penser aux conséquences d’une éventuelle nouvelle vague de propagation dans les semaines à venir. Bref, ce sera des vacances un peu plus crispées qu’habituellement, parce qu’il y a une ombre qui plane. Une ombre invisible qui prend beaucoup de place.


C’est pourquoi dans quelques heures, nous ne traverserons pas de pont, nous ne prendrons pas d’avion et nous resterons tout près de la maison pour notre escapade estivale  familiale. Mais je suis convaincu qu’on s’amusera et que nous arriverons à faire un peu le vide comme nous avons su le faire ensemble dans les 3 derniers mois. 


Je reste positif malgré tout en me disant que l’ombre est toujours plus petit que la source de lumière qui l’a fait naître. 


Bon été tout le monde et tâchons de nous décrisper un peu le sourire (derrière nos masques) et réduire les zones d’ombre en créant encore plus de lumière!


Patrick


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