Faire le vide et s’y lancer!

Plateforme vitrée suspendue, Géoparc de Percé, Gaspésie
 

Souvent nous arrivons à la période des Fêtes complètement crevé, les batteries à plat, pu capable, ben à bouttt! J’imagine que c’est pour ça qu’on se dit qu’on profitera de la pause des Fêtes pour faire le vide, même si on est déjà passablement...vidé.
 
Le paradoxe c’est qu’on a une tendance à faire ce vide en le remplissant d’un trop plein. En passant de nombreuses heures à courir partout pour ne rien manquer de notre congé, en ingurgitant beaucoup trop de bouffe (et d’alcool), en remplissant les précieux et rares moments de silence avec des conversations un peu creuses. En fait, on ne cherche peut-être pas tant que ça à faire le vide. C’est surtout le quotidien contraignant et répétitif que nous désirons oublier pendant quelques jours.
 
La période des Fêtes est également un moment pour faire un bilan de ce qui s’est passé dans notre vie dans les mois précédents et imaginer ce qu’on pourrait faire des prochains qui se présenteront bientôt le bout du jour. Du moins, c’est le cas pour moi. Il faut dire que j’ai le bilan facile et l’auto-questionnement assez fréquent. Je comble le vide par une foule de sujets restés cachés pendant l’année. Je prend une grande marche dans ma forêt de points interrogation, je redécouvre des chemins sinueux de mon esprit, j’ouvre des portes restées entrouvertes et j’en déverrouille parfois même quelques autres. 
 
Par exemple, je suis du genre à admirer les gens qui laissent tout tomber pour recommencer autre chose, faire autrement, aller voir ailleurs s’ils y sont. Des trucs comme «...il quitte son poste de directeur financier pour devenir professeur de yoga! » ou «...deux mois avant d’ouvrir sa boulangerie elle n’avait jamais cuisiné!». Je ne sais pas pourquoi ces changements drastiques, ses virages brusques du soi-même me fascinent autant. Et encore plus avec l’âge qui avance (ou qui recule, ça dépend des jours). Ça devient presque obsédant.
 
Je crois que c’est entre autres parce que je trouve ces personnes extrêmement courageuses. J’ai l’impression qu’elles ont compris le vrai sens de l’expression « on a qu’une vie à vivre ». Je me dis que ça me ferait sûrement du bien de laisser derrière moi mes a priori, mes habitudes, mes chemins balisés, mes soi-disant expériences cumulées et mes compétences transversales pour tenter l’aventure, pour changer de salle. Explorer un nouvel espace de ma réalité, m’y réinventer, m’abandonner à une autre partie de moi-même. Me surprendre sans chercher à surprendre les autres. Franchir le pas pour m’affranchir. 
 
En réalité, je me suis rarement lancé dans le vide ou si je l’ai fait c’est avec un immense parachute en m’assurant qu’il y avait de grands coussins en dessous de moi. Des bras grands ouverts pour m’accueillir. Parce que le vide c’est grisant, mais ça fait peur. Ça me fait peur. Je ne sais pas si c’est par manque de courage ou parce que je ne possède pas les multiples talents du financier devenu professeur de yoga ou de la boulangère qui s’ignorait. J’aimerais ça pourtant me lancer, profiter de la chute libre pour voir la vie d’un autre point de vue, changer d’angle. Faire du neuf avec un vieux. Devenir un yogiste boulanger.
 
En 2020, je pourrais peut-être commencer tranquillement en sautant d’une marche ou deux, en me laissant glisser sur la rampe ou juste en poussant plus loin quelques-unes de mes passions. Sans chambouler toute ma vie et celle des gens qui m’entourent. Faire un peu le vide pour m’y lancer.
 
En attendant mon éventuelle réinvention, je vous souhaite de profiter des cases vides dans votre agenda pendant les fêtes pour passer plein de temps avec vos proches et un peu avec vous-même. Pour ma part, c’est ce que je vais faire dès maintenant, tout en pétrissant du pain entre deux séances de yoga.
 
Joyeuses fêtes!
 
Patrick

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