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| Photo prise avant le spectacle d'Émile Proulx-Cloutier au Grand Théâtre de Québec en mai 2019. |
Il y a quelques semaines, mon amoureuse et moi avons assisté au spectacle d’Émile Proulx-Cloutier. Une soirée musicale touchante, inspirante et drôle. Un beau moment, une belle soirée. Au début du spectacle, l’artiste nous a raconté une tradition des arts de la scène. Celle-ci consiste à laisser allumée une lampe sur pied au milieu de la scène entre les représentations. C’est ce qu’on appelle une sentinelle ou Ghost Lamp en anglais. Cette sentinelle lumineuse veille de façon permanente lorsque la scène est vide.
En écoutant cette histoire, j’ai spontanément pensé à mes amis artistes de la scène et je me suis dit que je leur demanderais s’ils connaissaient cette légende. Comme ce sont des gens très occupés et aux horaires atypiques, je n’ai pas encore eu la chance de leur en parler, mais ça viendra.
Cela m’a également fait réaliser que j’avais la chance, depuis ma naissance, d’être entouré de sentinelles bien veillantes. Des gens qui sont toujours là pour m’éclairer lors de jours plus sombres. Des gens sur qui je peux compter jour et nuit sur la scène de ma vie où se côtoient drames et comédies. Plus le temps passe, plus le gris envahi mes cheveux et ma barbe, plus les rides tracent les sillons du temps sur mon visage, plus je me rends compte que ces veilleurs et veilleuses ne sont pas si nombreux, mais sont d’autant plus précieux.
Ces sentinelles sont aussi des phares qui les jours de brume ou de tempête m’indiquent où sont les côtes de la rive, m’empêchent de m’échouer sur les récifs, m’évitent de perdre mes repères et me permettent bien souvent d’aller plus loin. De prendre le large sans oublier qui je suis et d’où je viens. Ils ne le savent pas toujours, entre autres parce que je ne leur en parle pas tous les jours, mais ils illuminent ma vie, ils sont mes lueurs d’espoir, ils m’allument au quotidien.
Ces êtres incandescents qui alimentent mes étincelles intérieurs forment un genre de relai aux flambeaux qui éclaire ma route à tous moments. Autant du côté cours que du côté jardin et même lorsque je m’aventure dans le champ gauche. Ils me réconfortent, m’appuient, m’ouvrent des portes, me suivent ou m’indiquent la voie à suivre. En tout temps, en toutes circonstances, dans tous les contextes et sans jugement, ils sont là. Ils souffrent avec moi, rient avec moi, doutent avec moi, tombent, se relèvent et avancent avec moi. Sans eux, je ne serais pas moi. Sans eux je serais plongé dans le noir. Je deviendrais une proie pour mes fantômes intérieurs.
À l’occasion, j’ai croisé des gens que j’ai confondu avec des sentinelles. En réalité, ces amis éphémères n’étaient que des réflecteurs qui me renvoyaient ma propre lumière. Lorsqu’ils s’éloignaient ou que je prenais mes distances, ces fausses sentinelles s’éteignaient et les vraies, celles qui m’accompagnent depuis longtemps prenaient le relai. M’éclairaient de leur sincérité. Restaient branchées en permanence et en silence.
À vous tous et toutes, parents, enfants, amoureuse, frères et soeurs, ami(e)s, qui m’entourez de votre amour, de votre chaleur, de votre présence apaisante et inspirante, je vous dis merci. Vous formez mon armée de soldats pacifiques qui me permet de gagner toutes les guerres, d’écrire toutes les scènes de mon histoire, de vivre. Grâce à vous, je ne m’éteins jamais. Vous gardez ma flamme vivante.
J’espère aussi être une sentinelle pour quelques-uns d’entre-vous. J’espère être à la hauteur de votre lumière permanente.
J’espère surtout que vous resterez sur la scène durant le reste de ma vie.
Patrick Parent

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