Cela faisait plus de 15 heures que nous étions arrivés à l’hôpital lorsque j’ai enfin vu ta petite touffe de cheveux marrons se pointer à l’extérieur du confortable ventre de ta mère. Mais aussitôt que je croyais enfin pouvoir te voir la binette, tu retournais dans ton cocon maternel. À un certain moment, je croyais ne jamais te voir. Je me disais que tu avais décidé de rester là, bien au chaud, rester sur ta planète-mère, à bien des égards moins hostile que notre planète Terre. Puis finalement, après maintes hésitations, tu es venu au monde. Quelques secondes avant que tu sois enfin avec nous, j’étais un Parent. Désormais, j’étais un père. Tu étais le début de notre famille, le départ d’un amour sans fin.
Nous étions des parents tout neufs, un peu maladroits et pas toujours sûrs de nous, mais nous formions le meilleur des trios de débutants. Une famille en formation ça fait des visites à l’urgence pour tout et pour rien; ça pense qu’on ne dormira plus jamais et ça pleure en même temps que leur enfant qui perce ses premières dents de lait. Une mère et un père en développement ça s’émerveille d’un premier sourire qui en est pas vraiment un; ça devient les jambes molles lorsque celles de fiston se dressent pour faire leurs premiers pas et ça lâche un grand cri lorsque qu’il pique sa première plonge dans l’escalier en pavé. Toutes les émotions, toutes les larmes et toutes les joies qu’on te doit et qu’on te devra sont des cadeaux inestimables que tu nous offres depuis ton arrivée.
En 15 ans tu as beaucoup grandi. Six pieds c’est même très très grand pour ton âge, mais tu ne seras jamais aussi grand que la place que tu occupes dans nos coeurs. Beaucoup grandi, mais pas tellement changé au fond. Tu es un jeune homme toujours aussi curieux, brillant, ouvert, réfléchi, patient, intelligent, sensible et attachant. Nous sommes tellement fiers de toi, fiers de ce tu es devenu, de ce que tu deviendras, fiers des ami(e)s que tu as choisi pour t’entourer, fiers de tes valeurs, de ton ouverture et fiers du grand frère formidable que tu es pour Jean-Nicolas.
Devant toi, pleins de belles choses t’attendent ou attendent d’être créées par ta volonté, ton imagination et par ta détermination. Il y aura aussi des tempêtes, des vents forts et froids qui t’empêcheront de continuer ta route comme tu le souhaites ou d’obligeront à changer de direction. Mais nous serons là, ta mère, ton frère et moi ainsi que tous tes cousins, cousines, oncles, tantes et ami(e)s. Tu pourras toujours compter sur nous, tu pourras toujours compter sur toi. Tu deviendras ce que tu veux parce que tu es unique. Parce que tu es toi.
Émile Proulx-Cloutier chante « Mon kid qui regarde le monde c’t’encore plus beau que le monde tout seul...». Lorsque je te vois regarder droit devant, lorsque je t’entends parler de tes rêves et de ce que tu voudrais faire lorsque tu seras un homme, c’est cette chanson qui me vient en tête. Je te trouve tellement beau dehors comme dedans. Je vais tellement m’ennuyer lorsque ta grande tignasse marron quittera la maison, lorsque boule de gomme sera devenu un homme...
Bon 15e anniversaire mon grand et bonne fête à notre famille que tu as mis au monde.
Je t’aime Charles-Antoine. Sans fin.
Papatrick

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