Je ne cherche plus mon X, je le dessine là où je vais.


La veille de mon anniversaire, c’est-à-dire dans les prochaines heures, je  débuterai un nouveau chapitre de ma vie professionnelle. Ceux et celles qui me connaissent bien diront sans doute « Tu changes encore de job ?! ».  En effet ou pas vraiment.

Après plus de 15 ans au gouvernement et presque 25 ans dans le domaine des communications numériques, je n’ai pas réellement changé d’emploi. Je dirais plutôt que je change de projet. Parce qu’au fond, je fais toujours le même travail, je suis toujours un communicateur qui utilise les outils numériques pour rejoindre les gens, pour transmettre un message.  Mais comme je déteste ou en fait, j’ai peur de la routine et j’ai toujours envie d’apprendre et de faire les choses autrement, je provoque le changement, je quitte ma zone de confort.  Cela me fait peur aussi, mais moins que le statu quo, moins que l’inaction.

J’avoue par contre que jusqu’à tout récemment, je trouvais moi aussi que je changeais souvent de travail. À chaque fois qu’une nouvelle offre se présentait et qu’elle m’intéressait je me demandais pourquoi cette quête sans fin, pourquoi ce besoin viscéral d’aller voir ailleurs si j’y suis. Pour m’expliquer ce comportement, j’utilisais la formule qui dit qu’on doit « être sur son X ». En d’autres mots, se sentir à sa place dans ses fonctions. Trouver l’adéquation parfaite entre ses compétences, ses intérêts et son emploi.

Mais en regardant de plus près mon parcours, notamment dans les 7 ou 8 dernières années, je me suis rendu compte que je ne trouve pas mon X ou du moins, je ne le cherche plus. En fait, les plus récents emplois que j’ai occupés n’existaient pas ou n’étaient pas très bien défini avant que j’arrive en poste. Il n’y avait pas de X où je pouvais me sentir à ma place. Ces projets m’offraient simplement l’espace pour que je le dessine mon X, l’environnement pour que je déploie mon potentiel professionnel. L’occasion à la fois d’utiliser mes compétences et de les parfaire. Bref, l’opportunité d’avancer, de découvrir, de me sentir vivant et utile. Aussitôt que l’un de ces facteurs diminue, le goût de bouger me reprend.

Vous vous dites sûrement qu’une bibitte instable comme moi doit faire peur aux employeurs. Je me suis également posé cette question (et maintenant, je la pose directement à mes futurs nouveaux patrons lors de la première rencontre). La réponse est que ça ne semble pas faire peur aux gens qui m’engagent puisque cette caractéristique vient avec de nombreux avantages. J’arrive avec beaucoup de bagage et des expériences variées, le désir d’innover, une créativité stimulée par la nouveauté et une passion sans limite pour le métier que je choisis de nouveau au début de chaque projet. J’arrive gonflé à bloc, malgré les doutes constants qui m’habitent lorsque je me lance dans une nouvelle aventure. L’autre avantage d’être le petit nouveau dans une équipe est, selon moi, que mes idées ou ma façon d’aborder les sujets sont différentes puisqu’elles ne se fondent pas sur une expérience de longue date au sein de l’organisation. Je suis comme un jeune avec l’expérience d’un vieux routier.  Enfin, c’est ce que j’espère être et apporter.

Si pour le chanteur Patrice Michaud (et l’auteur Réjean Ducharme) « L’amour ce n’est pas quelque chose. C’est quelque part », pour moi mon X n’a pas de lieu fixe. C’est à moi de trouver l’endroit qui me permettra de tracer ses nouveaux contours, de définir sa couleur et de m’y déposer le temps de me réinventer.

Patrick Parent
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