C'est plutôt paradoxal, je sais. Mais même si je suis réalisateur vidéo, je crois que je préfère écouter des reportages ou des documentaires à la radio. Pourtant, les occasions sont plutôt rares. D'une part parce que j'ai rarement l'occasion d'écouter la radio, et d'autre part parce que rares sont les stations de radio qui produisent et diffusent des vrais reportages radio.
Moi c'est à la première chaîne de Radio-Canada que j'en entend dans le cadre d'émissions telles que Les années lumières, Dimanche Magazine ou La semaine verte. Et l'endroit idéal pour écouter ces émissions c'est dans la voiture (c'est aussi dans la voiture que j'aimais écouter les capsules humoristiques de François Pérusse) lorsque je fais des courses. Il me semble que je suis plus attentif dans cette bulle métallique sur roues, comme si j'étais à l'intérieur de la tête du reporter !
Je sais que parfois les reportages que Radio-Canada diffuse à la radio sont simplement les bandes sonores de leurs reportages télé, mais la majorité du temps ce sont des documents produits expressément pour nos oreilles. Et lorsque c'est le cas, c'est vraiment intéressant. Pourquoi ? Entre autres parce que le son - enfin c'est ma théorie ou ma perception - utilisé seul sans les images, s'adresse directement à notre intelligence. Nous devenons plus attentif aux indices sonores, au moindre bruit afin de nous construire nos propres images mentales liées au sujet et au contexte du reportage. De plus, chaque mot prononcé prend plus de sens et aucune image vient interférer dans cette communication.
En fait, je trouve que la radio se rapproche plus du livre que de la télé. Lorsqu'on écoute la radio, c'est un peu comme si quelqu'un nous faisait la lecture. Comme notre propre voix qui résonne dans notre tête lorsqu'on lit. Nous devenons réalisateur, caméraman et photographe. Personne nous impose d'images, nous y mettons nos propres références. La radio a une grande force d'évocation et elle nous force à être moins paresseux
Pour moi, la télé (et l'audiovisuel sous toutes ses formes) stimule plus nos émotions. Par la force des images, les mots se retrouvent souvent écrasés ou au second plan. Les mots deviennent souvent des figurants, laissant toute la place au poids des images. En ce sens, ce qu'on appel la radio poubelle se rapproche plus de la télé que de la radio à contenu journalistique puisqu'elle provoque et excite nos émotions plus que notre intelligence.
Je disais au début de cet article que les reportages radiophoniques étaient plutôt rares et que les moments pour en écouter n'étaient pas aussi fréquents que souhaité, mais ce n'est plus tout à fait le cas grâce au Web. Le podcasting ou baladodiffusion nous permet d'écouter la radio quand on veut et où l'on veut.
Merci aux journalistes qui font de la radio, merci au Web et merci au iPod !
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